Prix d'un costume homme à Lomé : ce que paie vraiment un commerçant togolais en 2026
Lomé n'est pas une ville comme les autres en Afrique de l'Ouest. C'est d'abord un port : le plus profond de la côte, 16,6 mètres de tirant d'eau, capable d'accueillir les plus grands porte-conteneurs, et dont l'écrasante majorité du trafic est du transbordement vers le reste de la région. Ensuite seulement c'est un marché national de 9 millions d'habitants. Pour un commerçant qui vend du costume homme, cette double nature change tout : la marchandise arrive moins cher qu'ailleurs, mais la concurrence de la friperie est féroce et les intermédiaires sont nombreux.
Ce guide donne les chiffres réels de 2026 : les prix pratiqués dans les boutiques et au Grand Marché, la liste complète des droits et taxes appliqués à l'importation au Togo telle qu'elle est publiée par l'administration, et surtout le coût de revient unitaire, calculé ligne par ligne, quand une boutique importe directement 100 costumes de stock européen à partir de 65 $ FOB Anvers. Tous les calculs sont posés pour que vous puissiez les refaire avec votre transitaire au port de Lomé.
Prix de détail d'un costume homme à Lomé en 2026
Le marché togolais du costume se lit sur trois étages très séparés. En bas, la friperie : un costume de seconde main se trouve entre 5 000 et 25 000 FCFA au marché d'Assiyéyé (Hédzranawoé), selon l'état et la coupe. C'est un marché énorme en volume, mais où le commerçant travaille sur des marges de quelques milliers de francs et ne construit aucune clientèle de retour.
Au milieu, le costume neuf d'entrée de gamme, en polyester ou en mélange bon marché, importé d'Asie et vendu au Grand Marché ou dans les boutiques de quartier : 30 000 à 70 000 FCFA. C'est le segment le plus encombré du pays, celui où tout le monde vend la même chose.
En haut, le costume neuf de qualité européenne, en laine mélangée, semi-entoilé, avec une vraie tenue d'épaule : 100 000 à 250 000 FCFA en boutique. C'est le costume que cherchent le cadre de banque de Lomé II, le fonctionnaire, l'avocat, le pasteur, le marié d'Agoè ou de Bè. Ce segment n'est presque pas servi localement : la plupart des boutiques n'y vont pas, faute de savoir importer directement. C'est exactement là que se trouve la marge.
- Friperie (costume seconde main) : 5 000 – 25 000 FCFA
- Costume neuf entrée de gamme, polyester : 30 000 – 70 000 FCFA
- Costume neuf qualité européenne, laine mélangée : 100 000 – 250 000 FCFA
- Location de costume pour cérémonie : 15 000 – 40 000 FCFA la sortie
Où s'achète le costume à Lomé : Atikpodji, Assigamé, Assiyéyé
Le Grand Marché de Lomé se divise en sections spécialisées, et il faut les connaître avant de parler prix. Le vêtement et le tissu se concentrent à Atikpodji. Assigamé, autour du bâtiment central près de la cathédrale, est le cœur du petit commerce : pagnes, prêt-à-porter, bijoux, et une densité de revendeuses qu'on ne trouve nulle part ailleurs au Togo. Assivito est le vivrier, Agbadahonou le cosmétique et l'import divers.
L'histoire commerciale de la ville s'est écrite là : les « Nana Benz », ces commerçantes qui ont bâti des fortunes à partir des années 1950 sur l'importation et la revente du wax fabriqué aux Pays-Bas, opéraient depuis ce marché. Le modèle qu'elles ont inventé — acheter directement à la source en Europe, importer en volume, dominer une gamme — est exactement celui qui manque aujourd'hui sur le costume homme.
Pour la friperie, le point de référence est le marché d'Assiyéyé, aussi appelé Hédzranawoé : vêtements, chaussures et accessoires d'occasion à bas prix. Un commerçant qui veut sortir de la friperie doit comprendre qu'il ne gagnera pas ce terrain sur le prix, mais sur ce que la friperie ne peut pas offrir : la taille disponible, la même coupe deux fois, et un costume neuf assorti pour un cortège de mariage.
Droits et taxes à l'importation au Togo : le tableau réel
Le Togo applique le tarif extérieur commun de la CEDEAO/UEMOA. Le droit de douane (DD) se décline en quatre catégories — 5 %, 10 %, 20 % et 35 % — et le costume homme confectionné relève de la catégorie à 20 %. Mais le DD n'est qu'une ligne du bordereau de liquidation : il faut y ajouter une série de redevances et de prélèvements assis sur la valeur CAF, puis la TVA.
Voici les taux tels qu'ils sont publiés par l'administration togolaise. C'est ce tableau qu'utilisera votre transitaire, pas une estimation en ligne.
Deux lignes méritent une attention particulière. Le BIC de 1 % est un acompte sur l'impôt sur les bénéfices : ce n'est pas une taxe perdue, il s'impute sur votre impôt si vous êtes régulièrement immatriculé. La TVA de 18 %, elle, est déductible si vous êtes assujetti au régime réel — ce qui fait une différence de plusieurs milliers de francs par costume, comme le montre le calcul de la section suivante.
- DD — droit de douane : 20 % sur le costume (barème 5 / 10 / 20 / 35 %)
- RS — redevance statistique : 1 % de la valeur CAF
- PCS — prélèvement communautaire de solidarité UEMOA : 0,8 %
- PC — prélèvement communautaire CEDEAO : 0,5 %
- PUA — prélèvement Union africaine : 0,2 %
- PNS — prélèvement national de solidarité : 0,5 %
- RIV — redevance inspection et vérification : 0,75 %
- TD — timbre douanier : 4 %
- TVA : 18 %, assise sur la valeur CAF majorée des droits et taxes
- BIC — acompte sur les bénéfices : 1 % (imputable sur votre impôt)
- TPI — protection des infrastructures : 2 000 F par tonne indivisible ; TP — péage : 200 F par tonne ; RI — redevance informatique : 5 000 F par déclaration
Coût de revient réel : 100 costumes d'Anvers au Grand Marché
Prenons le cas concret d'une commande de départ : 100 costumes de stock européen à 65 $ l'unité, FOB Anvers, soit 6 500 $. En groupage maritime (LCL) vers Lomé, comptez environ 500 $ de fret et 70 $ d'assurance pour un volume d'environ 1,2 à 1,5 m³ et 150 kg. La valeur CAF s'établit autour de 7 070 $, soit environ 4 000 000 FCFA au cours de 2026 (le FCFA est fixe face à l'euro à 655,957 ; le dollar tourne autour de 565 F).
Sur une base CAF de 4 000 000 FCFA, la liquidation donne : DD 20 % = 800 000 F ; RS 1 % = 40 000 F ; PCS 0,8 % = 32 000 F ; PC 0,5 % = 20 000 F ; PUA 0,2 % = 8 000 F ; PNS 0,5 % = 20 000 F ; RIV 0,75 % = 30 000 F ; timbre douanier 4 % du droit = 32 000 F ; TPI, péage et redevance informatique ≈ 7 200 F. Sous-total droits et redevances : environ 989 000 FCFA.
La TVA de 18 % s'applique ensuite sur la valeur CAF majorée de ces droits, soit environ 4 989 000 F : cela donne près de 897 000 FCFA. Ajoutez l'acompte BIC de 1 % (40 000 F) et vous arrivez à un total de droits et taxes de l'ordre de 1 926 000 FCFA. La marchandise sort donc du port à environ 5 926 000 FCFA, soit 59 262 F le costume.
Il reste les frais locaux : commissionnaire en douane, magasinage, manutention, transport jusqu'à la boutique — comptez 250 000 à 350 000 FCFA sur un lot de cette taille. Coût de revient final : environ 62 000 FCFA par costume, sortie de caisse. Et si vous êtes assujetti au régime réel, la TVA (8 970 F par costume) et l'acompte BIC (400 F) ne sont pas un coût : votre coût réel retombe autour de 53 000 FCFA le costume.
Mis en face d'un prix de vente de 110 000 à 150 000 FCFA pour un costume laine mélangée de coupe européenne, l'arithmétique est lisible. Ce n'est pas un coup : c'est un modèle reproductible, à condition d'acheter en direct et de ne pas passer par un importateur de Cotonou ou d'Accra qui a déjà pris sa marge.
- FOB Anvers 100 costumes × 65 $ = 6 500 $
- Fret LCL + assurance ≈ 570 $ → valeur CAF ≈ 7 070 $ ≈ 4 000 000 FCFA
- Droits, redevances et timbre : ≈ 989 000 FCFA
- TVA 18 % : ≈ 897 000 FCFA (déductible au régime réel)
- Acompte BIC 1 % : 40 000 FCFA (imputable sur l'impôt)
- Frais locaux (transit, magasinage, transport) : 250 000 – 350 000 FCFA
- Coût de revient : ≈ 62 000 FCFA/costume brut, ≈ 53 000 FCFA net pour un assujetti
Lomé port de transit : revendre vers le Burkina, le Niger et le Mali
Le port de Lomé est devenu la principale porte d'entrée des pays enclavés de la région : Burkina Faso, Niger, Mali et nord du Nigeria. Le terminal à conteneurs de Lomé est le premier opérateur de conteneurs d'Afrique de l'Ouest en volume traité, et le transbordement représente la très grande majorité de son trafic. Pour un commerçant togolais, cela ouvre une seconde clientèle : les grossistes de Ouagadougou, Niamey et Bamako qui viennent s'approvisionner à Lomé plutôt que de faire venir un conteneur chez eux.
Il faut cependant être honnête sur deux évolutions récentes. D'abord, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont quitté la CEDEAO : la période de transition de sortie a couru du 29 janvier au 29 juillet 2025. Depuis mars 2025, la Confédération des États du Sahel applique un prélèvement confédéral de 0,5 % sur les importations en provenance des pays tiers — les marchandises en transit en sont exclues, mais les formalités et les régimes douaniers se sont complexifiés et continuent d'évoluer.
Ensuite, les coûts logistiques vers le Sahel ont fortement augmenté : selon l'OCDE, le report du corridor vers Lomé–Niamey après la fermeture de la frontière Bénin–Niger a entraîné une hausse de plus de 100 % des frais logistiques par rapport à l'itinéraire d'avant-crise. Autrement dit : la revente vers le Sahel est un vrai débouché, mais elle se traite au cas par cas, avec un transitaire qui connaît le régime de transit en vigueur au moment de l'expédition. Ne bâtissez pas votre plan de trésorerie dessus avant d'avoir un devis écrit.
Comment commander : conditions, documents et délais
Pomandi est une marque belge de costumes homme premium, basée à Genk, avec une production en Turquie. Pour l'export hors Union européenne — donc pour le Togo — les conditions sont simples et fixes : prix à partir de 65 $ l'unité, FOB Anvers, minimum 100 pièces par commande, paiement par virement ou d'avance.
Le dossier documentaire fourni est celui qu'attend votre transitaire à Lomé : facture commerciale, liste de colisage (packing list) et certificat d'origine. C'est ce dossier qui permet de faire liquider la déclaration sans blocage, et de discuter la valeur en douane sur des pièces plutôt que sur une estimation.
Sur le mélange des tailles et des coupes, dites-nous votre marché : la répartition d'un lot pour un marché de cérémonie à Lomé n'est pas celle d'un lot pour de la vente aux administrations et aux banques. Écrivez-nous sur WhatsApp avec votre ville, le type de commerce et la quantité visée : vous recevez la liste de prix et les photos le même jour.
- Prix : à partir de 65 $ l'unité, FOB Anvers
- Minimum de commande : 100 pièces
- Documents : facture commerciale, liste de colisage, certificat d'origine
- Paiement : virement bancaire ou d'avance
- Délai : expédition depuis Anvers après paiement ; transit maritime Anvers–Lomé à confirmer avec votre transitaire
FAQ
- Quel est le droit de douane sur un costume homme importé au Togo ?
- Le costume homme confectionné relève de la catégorie à 20 % du tarif extérieur commun CEDEAO/UEMOA appliqué par le Togo. À ce droit de 20 % s'ajoutent la redevance statistique (1 %), le prélèvement UEMOA (0,8 %), le prélèvement CEDEAO (0,5 %), le prélèvement Union africaine (0,2 %), le prélèvement national de solidarité (0,5 %), la redevance inspection et vérification (0,75 %), le timbre douanier (4 %), puis la TVA de 18 %. Faites toujours valider la ligne tarifaire exacte par votre commissionnaire en douane avant d'expédier.
- Combien coûte réellement un costume rendu à Lomé ?
- Pour un lot de 100 costumes achetés à 65 $ FOB Anvers, le coût de revient rendu boutique ressort autour de 62 000 FCFA par costume, tous droits, taxes et frais locaux compris. Si votre entreprise est assujettie à la TVA au régime réel, la TVA de 18 % est déductible et le coût réel retombe autour de 53 000 FCFA par costume.
- Y a-t-il un minimum de commande ?
- Oui, pour l'export hors Union européenne le minimum est de 100 pièces par commande, en FOB Anvers. C'est la contrepartie du prix unitaire à partir de 65 $. Pour des quantités plus petites, il faut passer par un partenaire déjà établi en Europe, ce qui ajoute une marge intermédiaire.
- Puis-je revendre une partie du lot vers le Burkina, le Niger ou le Mali ?
- C'est possible et c'est un débouché réel — Lomé est le port d'entrée des pays enclavés de la région. Mais ces trois pays ont quitté la CEDEAO en 2025 et appliquent depuis un prélèvement confédéral de 0,5 % sur les importations hors zone ; les frais logistiques du corridor vers Niamey ont par ailleurs plus que doublé. Demandez un devis écrit à un transitaire avant de vous engager sur un prix de revente.
- Quels documents recevrai-je avec l'expédition ?
- Facture commerciale, liste de colisage et certificat d'origine. Ce sont les trois pièces dont votre transitaire a besoin pour faire liquider la déclaration au port de Lomé. Si votre banque ou votre commissionnaire demande un document supplémentaire, dites-le nous avant l'expédition.
2026-09-25